Très toucher ! (33)

Où l’on apprend les rudiments de l’écriture braille après avoir reçu un électrochoc !

Je vous parlais dans un précédent article des collections permanentes et semi-permanentes du muséum de Bordeaux, fraîchement rénové. Cette fois-ci, passons l’exposition temporaire Très toucher à la loupe.

L’exposition n’est pas très grande, mais pas besoin de grands espaces et d’expositions à rallonge pour apprendre et prendre du bon temps. A travers plusieurs modules, l’exposition présente le sens du toucher, son fonctionnement et ses particularités. Vu le titre, il y a évidemment beaucoup de tactile, des manipulations… D’ailleurs, pour pénétrer dans l’exposition, on est invité à traverser ce couloir de mains :

Le sas d'entrée de l'exposition Très toucher
Le sas d’entrée de l’exposition Très toucher

 

« On ne touche qu’avec les yeux » ?

Loin de la phrase souvent entendue « on ne touche qu’avec les yeux », cette exposition nous invite à toucher beaucoup de choses, et pas qu’avec les mains : dès le début, on est invité à se déchausser pour sentir l’exposition par le bout des pieds. Il fallait oser, le muséum l’a fait : une expo pieds nus, comme à la maison !

Les adultes étaient plutôt frileux frileux mais quelques-uns ont tout de même joué le jeu. J’ai hésité avant de me déchausser, mais je me suis dévouée pour vous raconter l’expérience. Une dizaine de modules thématiques se distingues par leur scénographie, comme de petites cabanes aux ambiances variées. Les revêtements de sol diffèrent d’un module à l’autre, et permettent d’illustrer le propos, sur la douleur notamment grâce à un sol métallique. Parce que le musée ne se contente pas de parler de douleur, il nous la fait vivre ! (j’y viens un peu plus loin 😉 ).

« Pour profiter pleinement de votre visite, nous vous invitons à vous déchausser »
Aux vestiaires : « Pour profiter pleinement de votre visite, nous vous invitons à vous déchausser »

 

La clé du succès : expériences et humour

Ici, le numérique ne tient qu’un petit rôle,  les écrans sont rares : pas de tablettes dernier cri super connectées mais plutôt de rares ordis aux allures rétro. Qu’il s’agisse de deviner ce que l’on touche à l’aveugle, de comparer la température de matériaux ou d’expérimenter les différents types de douleurs, le muséum compte bien nous délivrer son message par des expériences physiques humoristiques plutôt que par des diapos sur écrans.

On peut ainsi travailler ses sens en tentant d’identifier ce que l’on touche dans des contenants fermés, comparer la densité de plusieurs types de bois, sentir avec tout son corps la différence de température de l’air,…

La section sur la douleur m’a bien amusée. Les énoncés des expériences sont assez loufoques, mais ils sont ensuite appuyées d’explications intéressantes. Vous pourrez ainsi lire « appuyez fortement la main sur la râpe le temps de lire ce texte », « tirez-vous les cheveux » ou encore « frappez-vous le doigt avec ce petit marteau »…pour mieux comprendre comment fonctionne notre cerveau et nos capteurs sensoriels. Bon, vous vous en doutez, ce n’est pas une salle de torture, mais de petites expériences amusantes et inoffensives bien sûr !

Expérience sur la douleur
Expérience sur la douleur avec une râpe

 

Le toucher pour pallier la vue

Impossible de traiter du sens du toucher sans parler du handicap visuel, et par extension du braille. On découvre l’histoire de sa création et ses enjeux. Par exemple, en apprenant quelques rudiments d’écriture braille. Oh que l’écriture en est complexe ! Il faut apprendre un nouvel alphabet, puis la noter au poinçon en écriture vernaculaire, inversée, à l’aide d’un miroir. Donc commencer par le dernier mot de la phrase, par la dernière lettre de ce mot, et en écrivant cette lettre à l’envers… C’est comme si les aveugles qui écrivent le braille maîtrisaient en fait deux alphabets : l’alphabet en braille se lit dans un sens mais s’écrit dans l’autre. Ce petit atelier est une très chouette piste de sensibilisation.

Kit pour écrire en braille
Kit pour écrire en braille
Mon prénom en braille
Mon prénom en braille

 

Tester ses connaissances

En fin de parcours, un ordinateur façon minitel propose des quiz (avec niveaux adultes ou enfants, sur différentes thématiques au choix) pour ceux qui veulent tester les connaissances scientifiques acquises pendant l’exposition. Ce dispositif se rapproche du quiz présenté à mi-parcours dans la superbe exposition Tenue correcte exigée (un aperçu du quiz de Tenue correcte exigéici – je n’ai malheureusement pas de photo du quiz du muséum). Le test sous mode de jeu est un bon moyen d’ancrer des données dans sa mémoire tout en s’amusant, à se souvenir sur le court puis long terme ce qu’on a découvert dans l’exposition.

 

Pour prolonger la découverte de cette exposition, rendez-vous sur le blog de Môm’art !
J’y propose un pendant à l’article que vous venez de lire,
car je contribue depuis peu à ce blog sur la famille au musée 🙂

 

Infos pratiques

A découvrir jusqu’au 3 novembre 2019
5 place Bardineau – 33 000 Bordeaux
Du mardi au dimanche, de 10 h 30 à 17 h 30 (18 h en haute saison)
Plus d’infos sur la page dédiée du site web

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