Le Pérou avant les Incas

Pour lancer l’exposition Le Pérou avant les Incas (novembre 2017 – avril  2018), le musée du quai Branly a proposé deux matinées particulières. J’ai testé pour vous un « before work » au musée !

L’exposition en bref

L’exposition présente les avancées archéologiques sur l’histoire du Pérou avant les Incas. Le propos se concentre sur les figures des rois et des dieux. L’introduction présente la géographie (petit rappel bienvenu). Ensuite est abordé le rapport entre pouvoir et architecture. Plus loin, le pouvoir est vu successivement sous le prisme du céleste, du terrestre et du féminin (un millénaire de pouvoir féminin, rien que ça !). Les œuvres assez originales, issues de collections péruviennes, ont accroché mon regard.

Un événement particulier

En vérifiant les horaires d’ouvertures du musée pour préparer ma visite, j’ai découvert que ce vendredi matin avait lieu la deuxième et dernière visite « before work ». De 7h à 9h, le musée propose une visite en compagnie de guides, ainsi qu’un petit déjeuner. Étant très matinale, j’ai décidé de tester !

 

Un confort de visite grâce à une médiation fluide

Les textes en salle

La mise en forme des cartels est très agréable. Dans plusieurs vitrines, des étagères sont chargées de céramiques. Pour savoir si le cartel développé se rapporte à tel ou tel ensemble d’objets, des flèches discrètes aiguillent le visiteur. Le regard va de manière assez fluide du texte à l’image.

Les cartels sont aussi très lisibles. Ils sont placés suffisamment haut pour que ce soit confortable, et surtout ils sont écrits assez gros pour être lus de loin. L’avantage, c’est que s’il y a foule, on peut les lire sans problème par-dessus l’épaule d’un visiteur. La myope que je suis réussissait à lire à deux mètres !

 

 

 

Les textes « nomades »

En entrant dans l’espace d’exposition, on trouve deux livrets. Le livret d’exposition est au format triptyque A5. Comme sur le mur d’introduction, on retrouve un rappel géographique, et une super chronologie comparée !  Ce que tout étudiant en histoire de l’art rêve d’avoir est ici joliment mis en page. Une page rappelle aussi les sections de l’exposition. Le tout est très succinct, visuel et efficace.

 

 

 

Un autre livret, A4 cette fois, est disponible. C’est un guide du visiteur signé Paris Match. En huit pages, il revient sur les civilisations pré-Inca et propose dix commentaires d’œuvres. J’ai très rarement vu ce genre de livret en musée, oscillant entre le livret de visite et le magazine hors série type L’objet d’art. J’ai encore moins souvent vu ça en version gratuite ! Le format comprend plus de textes : ce n’est pas adapté à la visite mais c’est un bon moyen de prolonger l’exposition au calme chez soi. Un plus que j’ai apprécié !

Les vidéos

Le parcours est ponctué de vidéos pour appuyer le propos. Elles m’ont semblé très pertinentes. En moins d’une minute, un spécialiste revient sur une avancée archéologique. Le rapport direct entre l’objet présenté et la vidéo permet un tout cohérent. La vidéo est toute proche de l’objet, mais elle ne lui vole pas la vedette, ni ne gêne le parcours.

Pour parler de l’architecture comme expression du pouvoir, on ouvre la section par un panneau de texte, accompagné d’une maquette reconstituant une huaca, et d’une vidéo où le commissaire péruvien présente les vestiges de la huaca in situ. L’écran et le panneau de texte sont à côté mais orientés différemment. Les visiteurs peuvent se placer à gauche pour regarder la vidéo, ou plus à droite pour lire le texte, les uns et les autres ne se gênant pas. L’espace est aéré, le parcours confortable !

Expo_Perou_Video
L’espace d’introduction à l’architecture péruvienne

Une vitrine allongée évoque plus loin le trésor du seigneur de Sipán. A nouveau, une vidéo montre un expert. Ici aussi, la vidéo est discrète, concise (une quarantaine de secondes) et peut être regardée sans gêner le parcours.

Les reconstitutions

Grâce aux dernières découvertes archéologiques, l’équipe scientifique a pu proposer des reconstitutions : une maquette de huaca et un mannequin.

Dame_Cao_Expo_Perou
La reconstitution fait face aux objets réels en vitrine, et à des images de fouilles (je n’ai malheureusement pas réussi à faire une photo d’ensemble…)

Il est toujours agréable d’avoir une image tangible d’un ensemble qui prend forme, et non juste des fragments. Pour éviter de prendre les reconstitutions pour argent comptant, les objets alentour nuancent bien ce qui est réel et ce qui est hypothétique. Ainsi, pour la dame de Cao, les ornements retrouvés autour de sa momie sont présents dans la vitrine à côté du mannequin. A nous de faire les allers-retours entre objets archéologiques et création contemporaine…

Parce qu’une exposition parfaite n’existe pas

Il aurait été préférable de distribuer le livret de visite…en Français. Le personnel qui remettait les livrets au début de l’exposition n’avait que la version anglaise.

Dans les salles, les textes ne sont peut-être pas assez hiérarchisés. Entre le panneau d’introduction, un panonceau de salle et un panneau de section, la distinction n’est pas claire : on ne sait pas vraiment par où commencer en arrivant dans l’exposition. Heureusement, le livret de visite résume les cinq axes, les cinq sections de l’exposition.

 

 

 

Et dernier petit regret… Le musée avait joué le jeu de l’immersion : boisson et musique péruviennes au petit-déjeuner. Mais je n’ai vu que la partie française du petit-déjeuner. Il y avait apparemment même la recette de cette boisson péruvienne ! Un petit mot de la part de l’équipe présente aurait été bienvenu.

« Le Pérou avant le bureau » : avant, pendant et après la visite

J’ai découvert l’exposition dans un cadre particulier. A 7h, je découvrais un buffet dans le hall du musée. Puis j’ai découvert l’exposition, dans le noir, en petit comité. L’ambiance feutrée donnait la très chouette impression de vivre un moment suspendu.

A l’étage, une guide présente sur demande chaque section de l’exposition. J’ai particulièrement apprécié l’échange que cela permettait : il ne s’agit pas de visites magistrales. Le ton des guides est libres, et libre à nous de poser des questions. Cette atmosphère et le nombre restreint de visiteurs (une soixantaine) encourageaient aussi à dialoguer entre nous. Enfin, j’ai aussi apprécié le temps passé à lire les livrets tranquillement dans le hall, en musique, après la visite. Une visite en trois temps qui met de bonne humeur avant les cours !

J’ai été très enthousiasmée par cette exposition. Mention particulière aux cartels ! J’ai aussi aimé ce mode de visite. Ce n’était que la deuxième fois que le musée propose cela, mais l’équipe avait l’air satisfaite. En espérant que ce genre d’événement soit reconduit !

Les infos pratiques et les images sont à retrouver par ici ! Et par là, des détails des belles poteries…

#ExpoPérou #LePérouAvantLeBureau #QuaiBranly #Paris #cartel

 

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